Des spécialistes d’Afrique viennent à Angers présenter un exposé sur un thème précis et échanger avec le public; par exemple Éducation traditionnelle en Afrique Noire, par l’ anthropologue A. Dragoss Ouedraogo ou encore Architecture au Maroc, par l’architecte Imane Mostefaï.
Jeudi 10 juin 2010 – 18h30
Par Youssouf Tata Cissé
Des griots ou griottes on connaît souvent les chants ou la musique. Mais leur fonction traditionnelle dans la société mandingue va bien au-delà de celle de simples musiciens.
On les appelle également « djêli» en bambara ce qui pourrait être traduit par « tendons ». Tout comme les tendons soutiennent les muscles dans leur effort, les griots par leurs paroles renforcent l’homme dans sa détermination et son courage.
Leurs paroles reposent sur la maîtrise de la généalogie de chaque famille.
Hommes et femmes de transmission, ils peuvent être considérés comme les historiens de la société.
Mais ils en sont aussi les témoins et les acteurs : tour à tour diplomates, entremetteurs mais aussi bonimenteurs …
Youssouf Tata Cissé tout en resituant quelles sont les grandes familles de griot reviendra sur l’ensemble de leurs fonctions, et leur devenir aujourd’hui.
Youssouf Tata Cissé est professeur honoraire, chercheur au CNRS, historien et anthropologue. Chercheur d’origine malienne, il a recueilli pendant des années les récits du grand griot, feu Wa Kamissoko, sur lesquelles se fonde l’ouvrage « la grande geste du Mali ». À partir de 1975, Youssouf Tata Cissé a travaillé à l’organisation de plusieurs colloques internationaux à Bamako qui ont réuni chercheurs et griots.
Conférence suivie d’une discussion .
À l’Institut Municipal – 9 rue Musée 49100 ANGERS
En partenariat avec L’Institut Municipal et le festival Printemps des Orgues.
Lundi 4 mai, 20h30
de Abdoulaye Dragoss Ouédraogo, anthropologue, Burkina Faso.
En Afrique de l’Ouest, la senankuya régit les relations entre différentes ethnies, entre les groupes socio-professionnels. Chaque groupe se considère comme parent d’un autre. Ces liens se fondent souvent sur un fait mythique ou un fait historique. Ces relations donnent lieu à des taquineries, et installent des relations de confiance qui permettent à la société de se construire en harmonie, dans l’acceptation des différences.
Institut Municipal, entrée libre.
Mardi 13 mai 2008 – 20h15
Conférence par Youssouf Tata Cissé, historien et anthropologue. Suivie d’un échange avec le public
Youssouf Tata Cissé a beaucoup travaillé sur la « confrérie des chasseurs », que l’on retrouve dans toute l’Afrique de l’Ouest et plus particulièrement au Mali, et qui a traversé les siècles. Cette confrérie initiatique, qui existe encore aujourd’hui, a la particularité de gommer tout privilège de classe ou de rang. Les personnes qui y adhèrent doivent faire preuve d’humilité et prêtent serment en reconnaissant « la valeur absolue et la primauté de la fraternité universelle ».
Il a ainsi appris comment cette confrérie avait dès 1222 aboli l’esclavage, avec la grande Charte du Mandé, appelée Manden Kalikan ou le serment du Mandé, fait historique transmis de génération en génération, grâce à la tradition orale.
Cette déclaration fut solennellement proclamée dans la première capitale de l’empire du Mali, le jour de l’intronisation de Soundjata Keïta, le fondateur de l’empire du Mali.
Le grand serment des chasseurs s’insurge contre la vente et l’exploitation honteuses de l’homme par l’homme : «… la guerre ne détruira plus jamais de village pour y prélever des esclaves, c’est dire que nul ne placera désormais le mors dans la bouche de son semblable pour aller le vendre ; personne ne sera non plus battu au Mandé a fortiori mis à mort, parce qu’il est fils d’esclave (…) chacun dispose désormais de sa personne, chacun est libre de ses actes, dans le respect des « interdits », des lois de sa patrie…. »
Youssouf Tata Cissé expliquera donc les contenus de la charte. Il donnera en amont des éléments sur le contexte qui a vu naître cette première abolition de l’esclavage. Il expliquera aussi comment Soundjata et les chasseurs menèrent une lutte sans merci contre les esclavagistes.
Youssouf Tata Cissé, d’origine malienne, est professeur honoraire, historien et anthropologue.
Dans le cadre de la semaine de commémoration de l’abolition de l’esclavage et de la traite négrière.
Entrée Libre Institut Municipal, 9, rue du Musée