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Category: Outils pédagogiques

L’oeuf de Moustapha Dao - mai 12, 2011 by admin-ccaf

Notes sur … L’œuf de Moustapha Dao

Identification de l’œuvre

Domaine artistique : arts visuels, arts des images
Forme d’expression : cinéma
Titre : L’Oeuf
Réalisateur : Moustapha DAO
Genre : adaptation d’un conte burkinabé donc africain en fiction
Date de création : 1995
Durée : court-métrage de 21 min
Technique : décor naturel, mise en scène d’enfants et d’adultes portant des masques et interprétant les rôles des animaux.

À propos de l’artiste, le contexte de création

Mustapha Dao est un cinéaste burkinabé, né en 1955 à Koudougou (Burkina Faso) et mort le 21 juin 2010 à Paris (France).
Il s’est spécialisé dans le cinéma pour enfants, en réalisant plusieurs courts-métrages s’inspirant des contes.

Son premier court-métrage, réalisé en 1987, « A nous la rue » met en scène des enfants d’un quartier populaire de Ouagadougou, la capitale du Faso. En 1989, pour réaliser « Le neveu du peintre », son second court-métrage, il s’inspire de contes africains. « L’enfant et la Caïman » réalisé en 1991 consacre l’importance de la parole donnée. Son dernier film, « L’œuf », s’inspire d’un conte burkinabè.
Mustapha Dao a travaillé régulièrement avec les enfants des rues.
• 1987 : À nous la rue
• 1989 : Le Neveu du peintre
• 1991 : L’Enfant et le Caïman
• 1995 : L’Œuf

Avec son quatrième et malheureusement son dernier court-métrage L’œuf (1995) coproduit par son compatriote Idrissa Ouédraogo, il adapte un conte traditionnel burkinabè en mettant en scène des enfants déguisés. Depuis ce film, Mustapha Dao n’avait pas pu mettre en boîte ses nombreux projets d’adaptation des contes africains et s’était établi à Paris où il exerçait dans l’exploitation cinématographique. Personnage affable et plein d’humour, Mustapha Dao avait foi en la portée pédagogique et universelle de son genre cinématographique car, disait-il, « Les contes africains issus de la tradition orale sont nourrissants pour tout le monde ».

Ancien étudiant en lettres modernes de l’université de Ouagadougou et de l’Institut africain de l’éducation cinématographique (INAFEC), Mustapha Dao a entamé sa carrière dans le cinéma d’abord comme perchiste et par la suite comme ingénieur de son à CINAFRIC (société privée de production créée à Ouagadougou dans les années 80). Avec seulement quatre courts-métrages réalisés entre 1987 et 1995, il compte assurément parmi ceux qui comme Djibril Diop Mambety ont fait avancer l’écriture cinématographique africaine. Ses œuvres devraient inspirer les jeunes cinéastes qui bénéficient des possibilités qu’offrent les nouvelles technologies pour exploiter le conte cinématographique.


Le contexte de création

Géographie : Le Burkina Faso est un pays enclavé et relativement plat, son point culminant est le Tenakourou qui s’élève à 747 mètres. On retrouve deux types de milieu naturel au Burkina : le sahel au nord et la savane au sud. La capitale du Burkina Faso est Ouagadougou.

Économie : Le Burkina Faso est l’un des pays les plus pauvres du monde. La moitié de la population du pays vit en dessous du seuil de pauvreté.

Politique : La Constitution du 2 juin 1991, adoptée par référendum, a instauré un régime semi-présidentiel ouvert au multipartisme)

Culture : Le cinéma et la musique ont une grande importante pour la culture burkinabée. Le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) est un des plus grands festivals africains de cinéma. Il se déroule tous les deux ans dans la capitale du Burkina Faso. Le festival a été créé en 1969 à l’initiative d’un groupe de cinéphiles sous l’appellation Semaine du cinéma africain. En 1972, est créé le grand prix du festival qui porte le nom d’ «étalon de Yennenga », en référence au mythe fondateur de l’empire Mossi.


Le cinéma africain : cinémas d’Afrique

Dans les cinquante-sept pays qui composent ce continent qui rassemble la deuxième population au monde, on trouve moins de salles et de films produits tous pays réunis, qu’en France.

Dans la grande majorité des cas, les cinémas africains les plus intéressants (notamment ceux qui sont représentés dans les festivals) restent dépendants des aides extérieures puisque les conditions économiques sont rarement réunies pour qu’une vraie industrie puisse exister – à l’exception de l’Afrique du Nord et de l’Afrique du Sud. Beaucoup de réalisateurs africains ont conduits ou conduisent leur carrière depuis l’étranger, résidant en France, en Belgique ou ailleurs. Ces dernières années, avec l’émergence de la vidéo, et en particulier de la vidéo numérique (qui permet des tournages plus légers et économiques), on assiste dans un certain nombre de pays à l’émergence de cinéastes vivant et travaillant dans leur pays d’origine.

Malgré ses indéniables qualités et sa potentielle richesse, il faut également considérer qu’il n’est pas représentatif de la masse de population – près de 950 millions de personnes ! – à laquelle il peut se destiner. De même, n’oubliera-t-on pas non plus le fait que ce cinéma que l’on amalgame si facilement sous le terme générique « africain », n’est rien d’autre qu’un ensemble hétéroclite formé par au moins cinquante sept cinématographies nationales dont les langues, les cultures, les structures et les talents divergent grandement selon que l’on regarde un pays ou un autre.

Rencontre sensible et personnelle avec l’œuvre

Préparation

Pour les plus âgés, tenter de réduire la distance qui sépare la culture cinématographique, essentiellement télévisuelle, de nos élèves et ces cinémas qui vont leur être présenté.

_ Évoquer préalablement le contexte de création
_ Interroger les élèves pour savoir s’ils ont déjà vu des films africains, s’ils voient une différence entre films africains et films tournés en Afrique ?
_ Comment peut-on mettre en scène des animaux (exemple des fables de La Fontaine) si l’on dispose juste d’une caméra, d’acteurs et un peu de matériel ?
_ Engager une recherche documentaire sur les Afriques, en particulier photographique
_ Lire un ou deux contes

Après la projection
_ Chercher des mots pour exprimer ses ressentis, caractériser chacun des films
_ Re-raconter les contes
_ Dessiner les lieux, les personnages, les scènes, les objets (mur d’images)
_ Chercher des objets qui évoquent le film (musée de classe)
_ Fabriquer des masques d’animaux
_ Les faire vivre en mettant en scène des contes ou des histoires d’animaux
_ Rechercher des correspondances entre cris et animaux, animaux et atmosphères, animaux et personnages symboliques

L’analyse de l’œuvre

La forme : quels points communs et quelles différences avec d’autres films que l’on a déjà vus ?
• Film pour enfants, joué a priori par des enfants
• Bande son : musique d’introduction + voix-off (narrateur conteur) + dialogues + petits d’animaux + instruments percussions
• Acteurs : enfants en costumes unis et portant des masques
• Leur jeu est une mise en espace : peu de mouvements des visages, des déplacements corporels (moins harmonieux que ceux des vrais animaux), jeu souvent statique mais des gestes explicites
• Décors naturels en intérieurs et en extérieurs mais contrairement à la vie ordinaire probablement, ici tous les espaces sont très propres.
• Cadrages : plans fixes le plus souvent et quelques mouvements pour accompagner les déplacements. Plans d’ensemble pour situer les scènes puis cadrage mettant les personnages en plein écran.

L’histoire et le sens de l’œuvre
Weogho-Naaba le Lion, roi de la jungle, n’avait que des filles. Un jour, sa femme accouche d’un œuf…Grâce au lièvre, l’œuf se transforma en un beau prince lion. Toutes les jeunes lionnes du royaume accourent…

• Re-raconter pour bien comprendre
• Qu’est-ce qui en fait un conte ?
• Transmission orale _ voix off : conteur plus que narrateur « Je vais vous raconter … »
• Animaux mis en scène dans un village _ ils jouent les rôles d’humains
• Symbolique des animaux
• La mère met au monde un œuf : élément fantastique qui n’existe que dans les contes
• La tante est l’équivalent de la fée ou de la marraine dans les contes de fée. Elle vit loin sur la colline, dans un ailleurs, comme hors du monde.
• Elle a un pouvoir magique / potion magique / informations lointaines
• Ce pouvoir magique a une limite : « tu ramasseras chaque coquille d’œuf et tu veilleras à ce que ton mari n’y touche jamais… ». Ce jamais comporte un risque, une limite, non explicité. Ceci rappelle Cendrillon qui à minuit verra son carrosse revenir citrouille… et ses chevaux : rats avec cette différence que la fée énonce dès le début la limite de son pouvoir dans le temps.
• Ce conte traite de problèmes de société et de la quête de l’amour.

Les étapes de l’histoire :
• Rétablir la chronologie. Voir déroulant

Le sens de l’œuvre
• Voir déroulant


La symbolique de l’œuf

Pour d’innombrables peuples, l’œuf est lié à la genèse du monde
L’œuf est une réalité primordiale qui contient en germe la multiplicité des êtres.
Pour les likoubas et les likoualas du Congo, l’œuf est une image du monde et de la perfection. Le blanc représente le sperme tandis que le jaune représente l’humidité féminine. La coquille représente le soleil.
L’œuf est souvent une représentation de la puissance créatrice de la lumière.
L’œuf est aussi symbole de la rénovation périodique de la nature. Il symbolise la naissance et la répétition.
Il est aussi symbole d’un cycle biologique.

L’œuf est aussi pris parfois comme symbole de prospérité.

L’usage

Personnage affable et plein d’humour, Mustapha Dao avait foi en la portée pédagogique et universelle de son genre cinématographique car, disait-il, « Les contes africains issus de la tradition orale sont nourrissants pour tout le monde ».

La moisson magique d’Anis Lassoued - mai 12, 2011 by admin-ccaf

Notes sur … La moisson magique d’Anis Lassoued

Mots du réalisateur

Cette histoire d’un enfant qui croit dur comme fer, qu’il peut planter des pièces d’argent comme on plante des fèves, et faire pousser des plants magiques avant de faire sa cueillette de pièces tout aussi magiques, car l’argent pour lui, n’est qu’un fruit précieux qui semble coller parfaitement à cet environnement cent pour cent naturel dans lequel il évolue.
Cet environnement d’ailleurs semble fournir à l’enfant tout ce dont il a besoin pour rêver, puisqu’un troupeau qui passe, une grappe de raisins, un objet ou un simple mot suffit à déclencher chez cet enfant un monde de rêves éveillés, de cauchemars aussi, de visions ou de rêves tout court, une magie qui s’étend à l’infini.
Ce film est d’ailleurs dédié à cet  » âge d’or  » de tout être, car l’enfance est un monde où les rêves ne cessent de s’accomplir, un monde où tous les fantasmes sont permis sans aucun souci de crédibilité ou presque, une période ou plutôt un instant, furtif, un envol où aucune notion de chute n’existe, où seul le souci de planer domine, bref, un rêve infini que tout adulte noyé dans les obligations de la vie, cherche à retrouver…

Fiche film

Autre titre : Saba Flouss
Titre anglais : Magic Crop
Pays Concerné : Tunisie
Réalisateur : Anis Lassoued
Pays du réalisateur : Tunisie
Production : Amilcar Films
Pays de production : Tunisie
Durée : 20′
Genre : comédie dramatique
Type : fiction

Le réalisateur

Depuis 1998, c’est-à-dire aussi depuis qu’il a obtenu son diplôme supérieur de réalisateur à l’Institut maghrébin de cinéma, il a commencé à investir un terrain encore en jachère lui tenant à cœur. Cela finit par engendrer une moisson d’images et de beaux messages qui se traduisent en 2005 par “La moisson magique”. Une fiction qui ne tarde pas à récolter plusieurs prix.

En 2000, Anis Lassoued bénéficie d’un séjour de haut niveau à la FEMIS à Paris durant lequel il eut l’occasion de se perfectionner en matière de scénario et de réalisation de documentaires. Plusieurs projets voient le jour entre temps, tels “Le puzzle” un court-métrage de 10 mn et également “Le pendule”.

Il fut aussi directeur de casting et assistant à la réalisation de plusieurs films tant tunisiens qu’internationaux.

Depuis 2003, il commence dès lors à réaliser des films plébiscités par les critiques nationaux et internationaux. “Les poupées de sucre de Nabeul”, “Ba Ploon”, et “La moisson magique”.
Celui-ci parle d’un enfant de six ans qui se retrouve bercé par le rêve de cultiver l’argent. L’enfant est issu d’une famille de paysans qui vivent de la récolte de vigne et de la production du lait. Mais ce travail modeste ne satisfait pas le besoin en rêve du petit. Ce n’est que la rencontre avec un homme peu ordinaire que bascule son quotidien.
C’est carrément un “Wonder Land” dont on a totalement réinventé toute dimension de temps et d’espace. Il se fait croire, ainsi, que seuls les enfants dont les rêves sont suffisamment subversifs qui peuvent évoluer sur ce terrain.

Mais qui le sait ? … Un très beau film où Anis Lassoued signe le scénario et la réalisation.

Une œuvre réalisée sur 35 mm qui n’aurait pu voir le jour sans le soutien efficient de l’Institut français de coopération (IFC) et l’aide de l’atelier Sud Ecriture et bien d’autres acteurs du secteur public…

“La moisson magique” fait défiler des artistes tunisiens de bonne facture à l’image de Salah Jday dans le rôle du père, Lamia Amri qui campe le rôle de la mère et Montassar Maâgli qui joue celui de l’enfant…

Symboliques

Le lait (symbolique)

Le lait est un symbole féminin lié au renouveau printanier.
C’est le premier breuvage et la première nourriture en laquelle toutes les autres existent à l’état potentiel. Le lait est donc symbole d’abondance, de fertilité et de connaissance.
Dans certaines cultures, la dimension symbolique du lait est tellement forte que ce breuvage représente l’élément primordial d’où ont surgi l’univers et les êtres vivants. Ainsi, pour les adeptes de l’hindouisme, le monde est né d’une mer de lait vigoureusement barattée par les dieux. De cette agitation est sortie, entre autres réalités « solides » et merveilleuses, la vache… dont le caractère sacré vient de son statut de mère nourricière des hommes. Pour les hindous, littéralement obsédés par la notion de pureté et la crainte de la souillure, le lait représente le seul aliment intrinsèquement pur (sa couleur blanche est là pour en attester).

L’arbre

L’arbre est le symbole par excellence de la vie.
Avec ses racines s’enfonçant profondément dans le sol, et sa ramure s’élevant vers le ciel, l’arbre est souvent apparu comme un trait d’union entre la Terre et le Ciel, c’est-à-dire entre les hommes et les dieux, entre le visible et l’invisible, entre le chaos primordial et la connaissance.

Les arbres vivant plus longtemps que les hommes, ils sont apparus comme des symboles d’éternité. Les arbres à feuilles caduques, paraissant morts l’hiver, puis se couvrant à nouveau de feuilles au printemps, symbolisent la renaissance, les arbres persistants pouvant, eux, symboliser l’éternité.
Symboles de renaissance, et pouvant porter des fruits, les arbres sont donc également perçus comme des symboles de fertilité.

La terre

Semence du ciel, fécondité, fonction maternelle et nourricière, la terre se lie à l’image-mère, symbole si puissant en psychanalyse. Renvoyant à l’essentiel et au concret, elle nous nourrit et nous la nourrirons après notre mort.

Mauvais œil

Pour comprendre ce qu’est le mauvais œil, il faut suivre l’idée qu’une loi naturelle obscure fasse partie de l’ordre des choses pour rééquilibrer certains phénomènes positifs de la nature : beauté, chance, santé… et plus matériellement la richesse, le bonheur… et cela permet de corriger négativement ces phénomènes.

Ce fléau terrible se matérialise par l’intervention d’une mauvaise personne qui, par l’intermédiaire d’un geste, d’une parole, un regard malfaisant, peut influencer une action mauvaise sur notre bien-être. Cependant, il existe une protection contre ce terrible fléau : la Khamsa ou la main de fatma (par extension le chiffre 5) agit comme une sorte de rempart visuel entre le regardeur et le regardé.

La circoncision

La circoncision en milieu maghrébin confère des privilèges spéciaux : aller à la mosquée avec le père… aller au souk… une modification de statut, tout comme le passage du hammam des femmes à celui des hommes, et elle est vécue comme telle par le circoncis. Les privilèges qui en découlent paraissent comme liés à elle, contrairement.